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Walid Regragui : onze victoires consécutives, mais un public toujours exigeant

L’équipe nationale marocaine a remporté mardi, sa cinquième victoire consécutive dans les éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, réalisant ainsi un parcours sans faute et enregistrant sa onzième victoire d’affilée en match officiel.

Bien que le Maroc ait battu le Niger et la Tanzanie à Oujda et se rapproche considérablement de la qualification pour le Mondial, le sélectionneur national, Walid Regragui, continue de faire face aux critiques d’une partie des supporters marocains.

En termes de résultats, le bilan de Regragui depuis l’échec en Coupe d’Afrique des Nations reste excellent : six victoires en six matchs de qualification pour la CAN, faisant du Maroc la seule équipe à avoir terminé en tête de son groupe avec 18 points. Son attaque s’est également distinguée avec 26 buts inscrits, soit dix de plus que ses premiers poursuivants, l’Algérie et l’Afrique du Sud.

Dans les éliminatoires de la Coupe du Monde, les Lions de l’Atlas ont réalisé un parcours parfait, en attendant trois autres rencontres en septembre et octobre prochains contre le Niger, la Zambie et le Congo.

Lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre face à la Tanzanie, Regragui a souligné que le public marocain ne célèbre plus la qualification pour la Coupe du Monde, contrairement à ce qui s’était passé après la qualification pour la Coupe du Monde 2018 en Russie, puis pour celle de 2022 au Qatar.

Il a rappelé qu’auparavant, les supporters descendaient dans la rue dès que le Maroc validait son billet pour la CAN, comme ce fut le cas lorsqu’il était adjoint du sélectionneur national Rachid Taoussi après la victoire contre le Mozambique à Marrakech, synonyme de qualification pour la CAN 2013.

Regragui estime que la qualification pour le Mondial 2026 est un exploit dont les Marocains devraient être fiers, d’autant plus que les Lions de l’Atlas n’ont jamais enchaîné trois participations consécutives à une Coupe du Monde.

Si le sélectionneur national a raison de mettre en avant ses résultats, ses joueurs et les victoires accumulées, il doit néanmoins faire preuve d’un peu plus de réalisme lorsqu’il parle d’« exploit ». Tout le monde sait que, dans son nouveau format à 48 équipes, avec neuf places directes réservées aux sélections africaines, la qualification pour le Mondial est devenue bien plus accessible.

Une grande nation du football comme le Maroc se doit désormais d’être présente en Coupe du Monde. Cela va de soi, compte tenu du système actuel des éliminatoires. Si les Marocains fêtaient autrefois la qualification pour le Mondial, c’est parce que cela n’était pas si facile avec l’ancien format, qui était bien plus exigeant pour le continent africain.

À titre d’exemple, la qualification pour le Mondial 1994 aux États-Unis avait été un véritable parcours du combattant. À l’époque, seules trois équipes africaines obtenaient leur billet pour la phase finale. Lors de la première phase de groupes, le Maroc devait affronter la Tunisie, le Bénin et l’Éthiopie. Après avoir difficilement arraché la première place, il fallait encore disputer un dernier tour contre le Sénégal et la Zambie, une phase dont tout le monde se souvient, notamment grâce au but d’Abdessalam Laghrissi au stade Mohammed V de Casablanca face à la Zambie, synonyme de qualification.

Qui pourrait oublier les éliminatoires du Mondial 2002 ? Le Maroc était tombé dans un groupe extrêmement relevé, avec l’Algérie, la Namibie, l’Égypte et le Sénégal. Malgré des victoires aller-retour face à l’Algérie et quatre points obtenus contre l’Égypte, la défaite à Dakar contre le Sénégal a privé les Lions de l’Atlas d’une qualification tant espérée.

Regragui se souvient certainement, lorsqu’il était joueur, de l’injustice subie par le Maroc lors des éliminatoires de la Coupe du Monde 2006. À l’issue d’un duel acharné avec la Tunisie, ce sont les Aigles de Carthage qui avaient finalement validé leur qualification, au sein d’un groupe qui comptait également la Guinée, le Kenya, le Malawi et le Botswana.

Autrefois, les matchs se jouaient à 13h ou 15h sous une chaleur écrasante, dans des stades à peine praticables pour la pratique du football, avec des conditions d’hébergement souvent précaires. Il arrivait fréquemment que le Maroc doive affronter non seulement son adversaire, mais aussi l’arbitrage.

Aujourd’hui, la situation a radicalement changé. Les matchs se jouent dans des conditions bien plus confortables, et la plupart des rencontres se disputent même au Maroc, puisque de nombreuses équipes africaines y sont contraintes de recevoir leurs adversaires, leurs infrastructures ne répondant pas aux normes imposées par la CAF et la FIFA. Finies les pelouses impraticables et les températures avoisinant ou dépassant les 40 degrés.

Si les Marocains fêtaient auparavant leurs qualifications, c’est qu’elles étaient difficiles à obtenir, car les groupes de qualification rassemblaient souvent plusieurs grandes nations africaines. Désormais, une non-qualification du Maroc ou d’une autre grande équipe africaine serait perçue comme un échec retentissant, tant le nouveau système de qualification est taillé sur mesure pour les nations les plus fortes.

Walid Regragui doit comprendre que, pour l’instant, les résultats plaident en sa faveur, malgré quelques critiques techniques à son encontre. Cependant, il doit aussi peser ses mots avant toute déclaration, car il lui arrive parfois de manquer de justesse dans ses propos.

Quant aux critiques, il faut rappeler que le sélectionneur national n’est pas intouchable et que le débat autour de son travail est légitime, tant qu’il repose sur des arguments logiques et constructifs, et non sur des considérations partisanes. Il est regrettable de voir certains supporters privilégier leur club de cœur au détriment de l’équipe nationale, au point de soutenir des sélections adverses.

Avec l’essor des réseaux sociaux, le profil du supporter marocain a évolué, de même que sa manière d’analyser et de commenter le football. Certains réclament le départ de Regragui malgré sa série de 11 victoires consécutives, uniquement parce qu’il n’a pas sélectionné un joueur de leur club favori, ou parce qu’il a tenu des propos qui ne leur ont pas plu, aujourd’hui ou même lorsqu’il entraînait encore en championnat local.

Il serait insensé d’exiger le limogeage d’un sélectionneur qui affiche un tel bilan. Toutefois, tous les Marocains aspirent à voir les Lions de l’Atlas se mesurer aux grandes nations africaines comme le Sénégal, le Nigeria, l’Égypte ou le Cameroun, afin d’évaluer leur véritable niveau et leur capacité à dominer le football continental.

Reda Zarouk


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