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Droits de douane US: une taxe de 10% imposée au Maroc

Coup de tonnerre sur la scène économique internationale : Donald Trump a annoncé l’instauration de droits de douane massifs et généralisés sur les produits importés de plus de 180 pays, dont le Maroc. Une décision qui redessine les contours du commerce mondial.

Les nouveaux droits de douane massifs dévoilés par le président des Etats-Unis entreront en vigueur les 5 et 9 avril, a annoncé mercredi la Maison Blanche.

Les nouvelles taxes sur les importations dévoilées par Donald Trump sont prévues en deux temps, a précisé un responsable de la Maison Blanche à la presse: le 5 avril à 04H01 GMT pour les droits de douane d’au moins 10% sur tous les produits entrant aux Etats-Unis, et le 9 avril à 04H01 pour les droits de douane majorés visant des géants comme la Chine et l’Union européenne.

Présentée comme une « déclaration d’indépendance économique » des États-Unis, cette mesure impose désormais un tarif minimum de 10 % sur l’ensemble des biens étrangers, avec des niveaux bien plus élevés pour les nations que Washington considère comme appliquant des politiques commerciales déséquilibrées.

Une offensive tarifaire tous azimuts

Les nouvelles taxes s’échelonnent entre 10 % et 49 %, en fonction des pays et de leur degré de « réciprocité commerciale » vis-à-vis des produits américains. Certaines nations sont lourdement pénalisées comme le Cambodge (49 %), le Vietnam (46 %), la Chine (34 %), ou encore l’Irak (39 %).

Même les alliés traditionnels ne sont pas épargnés. L’Union européenne dans son ensemble devra désormais faire face à une taxe de 20 %, tandis que la Suisse est taxée à hauteur de 31 %. Le Canada, voisin et partenaire historique, voit ses produits frappés d’un droit de 25 %, conséquence, selon Washington, de barrières tarifaires canadiennes jugées excessives.

Le Maroc s’en sort bien

Le Royaume du Maroc figure parmi la longue liste des pays désormais concernés par les nouvelles barrières douanières. Le Maroc sera soumis à ce que Washington qualifie de « taxation réciproque » : 10 %, un niveau considéré comme aligné avec les droits actuellement appliqués par le Royaume sur les produits américains.

Comparé à ses voisins maghrébins, le Maroc bénéficie d’un traitement plus clément. La Tunisie est frappée d’un droit de 28 % et l’Algérie de 30 %. Ces taux reflètent, selon l’administration Trump, un manque de réciprocité tarifaire.

Dans ce contexte, la taxe de 10 % imposée au Maroc peut être interprétée comme une reconnaissance tacite de la relative ouverture commerciale du Royaume vis-à-vis des États-Unis. Mais elle n’est pas exempte de conséquences. Plusieurs secteurs d’export marocains, notamment dans l’agroalimentaire, le textile ou encore les composants industriels, pourraient voir leur compétitivité érodée sur le marché américain.

Et les autres pays arabes

Dans le reste du monde arabe, la stratégie américaine se veut plus nuancée. L’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, l’Égypte et la Jordanie ne subissent que la taxation plancher de 10 %. Une approche mesurée, probablement influencée par des considérations géopolitiques et énergétiques.

En revanche, d’autres nations sont plus durement sanctionnées : la Libye se voit infliger un taux de 31 %, la Syrie 41 %, et l’Irak 39 %. Des chiffres qui témoignent d’une ligne dure appliquée aux pays instables ou en désaccord stratégique avec Washington.

La Chine en ligne de mire, la Russie dans l’ombre

Sans surprise, la Chine est l’une des principales cibles de cette offensive commerciale, avec une taxe de 34 %. Les États-Unis dénoncent une asymétrie persistante, les exportations américaines étant, selon eux, taxées à 67 % à leur arrivée sur le territoire chinois.

Quant à la Russie, son cas reste flou : aucune donnée précise n’a été fournie, mais des sources proches de l’administration évoquent un alignement probable avec les taux les plus élevés appliqués aux pays géopolitiquement sensibles.

Conséquences immédiates et incertitudes à venir

L’effet sur les marchés ne s’est pas fait attendre. Dans la foulée de l’annonce, le dollar a enregistré un recul face à l’euro (-1,09 %) et à la livre sterling (-0,75 %). L’inquiétude est palpable chez les investisseurs, qui redoutent une nouvelle montée des tensions commerciales et une fragilisation des échanges internationaux.

Les pays du Sud méditerranéen, notamment, risquent de souffrir durement de cette politique. Nombre d’entre eux dépendent largement du marché américain pour écouler leurs produits agricoles, textiles ou manufacturés.

Une rupture avec le système multilatéral

Avec cette vague tarifaire, Washington tourne le dos à plusieurs décennies d’ouverture commerciale et de coopération multilatérale. L’Organisation mondiale du commerce (OMC), déjà affaiblie, se retrouve une fois de plus mise à l’écart d’un jeu qui se durcit. Les représailles ne sont pas exclues : Bruxelles, Pékin, Ottawa ou encore Tokyo pourraient bien réagir dans les prochaines semaines avec des contre-mesures.

Taxe par pays:

Afrique

Maroc 10 %

Algérie 30 %

Tunisie 28 %
Égypte 10 %
Afrique du Sud 30 %
Nigeria 14 %
Kenya, Sénégal, Ghana, Cameroun, Tanzanie, Angola 10 à 30 % environ

Monde arabe

Arabie saoudite, Qatar, EAU, Jordanie, Égypte, Maroc 10 %
Tunisie 28 %
Algérie 30 %
Libye 31 %
Syrie 41 %
Irak 39 %

Amérique

Canada 25 %
Brésil, Mexique, Chili, Argentine, Colombie, Pérou 10 %
Venezuela 15 %
Nicaragua 18 %

Europe

Union européenne (France, Espagne, Allemagne, Italie) 20 %
Suisse 31 %
Royaume-Uni 10 %
Norvège 15 %
Ukraine 10 %

Asie

Chine 34 %
Vietnam 46 %
Japon 24 %
Inde 26 %
Corée du Sud 25 %
Indonésie 32 %
Pakistan 29 %
Thaïlande 36 %
Cambodge 49 %
Taïwan 32 %
Bangladesh 37 %
Sri Lanka 44 %

Océanie

Australie, Nouvelle-Zélande 10 %

Autres pays

Russie taux à confirmer
Kazakhstan 27 %

S.L.


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Rappel: la date de retour à l’heure GMT+1 au Maroc











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