
Le gouvernement italien a durci les conditions d’obtention de la citoyenneté pour les descendants d’Italiens nés à l’étranger, imposant aux descendants plus lointains de prouver un lien actif avec le pays.
Ainsi, toute personne née à l’étranger ne recevra automatiquement la citoyenneté italienne que si elle a au moins un parent ou un grand-parent né dans le pays transalpin, selon le nouveau texte adopté récemment par le Conseil des ministres.
A travers cette nouvelle loi, l’Exécutif vise notamment à limiter l’afflux de demandes et à désengorger les tribunaux, alors qu’au cours de la dernière décennie, des centaines de milliers de personnes ont acquis la nationalité, faisant passer le nombre d’Italiens résidant à l’étranger de 4,6 à 6,2 millions.
Le ministère des Affaires étrangères a indiqué, dans une note, que les citoyens italiens ne le seront « que pour deux générations : seuls ceux dont au moins un parent ou un grand-parent est né en Italie seront citoyens dès la naissance ».
En outre, les enfants d’Italiens « acquerront automatiquement la citoyenneté s’ils naissent en Italie ou si, avant leur naissance, l’un de leurs parents, qui est citoyen, a résidé pendant au moins deux années ininterrompues en Italie ».
Du fait, un citoyen italien qui n’a jamais résidé dans le pays, ne pourra pas transmettre la citoyenneté à ses enfants par filiation, et ainsi les Italiens résidant à l’étranger doivent « maintenir des liens réels » avec le pays.
Selon le ministère, ce décret-loi s’applique immédiatement mais n’est pas rétroactif, puisque « ceux qui ont déjà été reconnus citoyens italiens par un tribunal, une municipalité ou un consulat le resteront ».
« Les Italiens nés et résidant à l’étranger devront maintenir dans le temps des liens réels avec notre pays, en exerçant les droits et les devoirs du citoyen au moins une fois tous les 25 ans », a expliqué le ministère des Affaires étrangères, relevant que ces actions comprennent le vote, le renouvellement du passeport ou de la carte d’identité et le maintien d’un état civil régulier.
A cet égard, le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani a souligné que « cette réforme est d’une grande importance car elle vise à renforcer le lien entre ceux qui veulent devenir citoyens italiens et l’Italie », faisant savoir que d’autres modifications seront apportées à la loi sur la citoyenneté.
« Le principe du droit du sang ne sera pas remis en cause et de nombreux descendants d’émigrés pourront toujours obtenir la nationalité italienne, mais des limites précises seront fixées, surtout pour éviter les abus ou la commercialisation des passeports italiens », a-t-il noté.
S.L.