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C’est un constat sans appel qui devrait interroger sur la pertinence des différentes politiques de développement et des stratégies économiques appliquées sur le continent. Selon une nouvelle étude réalisée à travers le continent, la pauvreté persiste en Afrique. Les détails.
La corruption fait grossir la pauvreté en Afrique
Malgré les taux de croissance dont on parle de temps à autre, le taux de personnes vivant dans une situation de manque grave en matière de besoins de première nécessité a atteint son niveau moyen le plus élevé des 25 dernières années. C’est ce qu’indique le nouveau Profil panafricain d’Afrobarometer.
En effet, la plupart des pays sondés ont perdu les gains en matière de réduction de la pauvreté qu’ils avaient obtenus au cours de la première décennie et demie du 21e siècle. Le rapport, basé sur des données provenant de 39 pays africains sondés en 2021/2023, suggère également que l’augmentation de la corruption pourrait jouer un rôle dans la résurgence de la pauvreté vécue, bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour identifier les facteurs à l’origine de cette tendance.
Ainsi, on constate que la majorité des Africains déclarent avoir manqué de revenus en espèces (81%), de médicaments ou de soins médicaux (66%), de nourriture (59%), d’eau potable (57%) et de combustible pour la cuisson (51%) au moins une fois au cours de l’année écoulée.
Le taux de pauvreté extrême en hausse
En moyenne, à travers 30 pays sondés régulièrement depuis 2011/2013, au moins trois quarts des répondants ont dit avoir manqué de revenus en espèces au moins une fois au cours de l’année précédente, avec une augmentation de 7 points de pourcentage depuis 2014/2015.
La privation augmente également, en moyenne, pour les quatre autres besoins fondamentaux : par rapport à 2014/2015, le «manque» est en hausse de 15 points pour les soins médicaux, de 13 points pour la nourriture, de 12 points pour le combustible de cuisson et de 9 points pour l’eau potable. Les taux de pauvreté extrême, ou l’expérience de «manquer» fréquemment des nécessités de base, ont également atteint un nouveau sommet, touchant 24% des citoyens.
La pauvreté vécue varie considérablement à travers le continent en termes d’ampleur, d’intensité et de trajectoire. Par exemple, au cours de la dernière décennie, la pauvreté vécue forte a diminué au Libéria, au Burkina Faso, au Togo, au Gabon et au Maroc alors qu’elle a beaucoup augmenté au Nigéria, en Namibie, au Mali, au Zimbabwe et en Afrique du Sud.
Favoriser l’accès à l’électricité
L’Allemagne et le Groupe de la Banque africaine de développement ont annoncé des initiatives conjointes visant à accélérer l’accès à l’énergie et la croissance du secteur privé en Afrique. Ce partenariat, dévoilé récemment, lors d’une réunion de haut niveau à Abidjan, comprend un soutien renforcé à l’initiative «Mission 300», qui vise à fournir un accès à l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique d’ici à 2030, ainsi qu’un renforcement du financement des programmes d’entrepreneuriat pour les jeunes.
En tant qu’actionnaire clé et principal contributeur de la 16e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (le guichet concessionnel du Groupe de la Banque), l’Allemagne voit son engagement renforcer sa position de partenaire stratégique dans le programme de développement durable de l’Afrique.
Au cours des sessions techniques, les partenaires ont exploré les possibilités de renforcer la collaboration et le cofinancement aux niveaux national et régional, en identifiant les «opportunités à portée de main» et les stratégies conjointes de mobilisation des ressources pour les Pactes nationaux pour l’énergie de la «Mission 300». Parmi les moments forts des réunions, figure la signature d’importants accords de souscription dans le cadre de l’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique (AGIA).
Cette signature marque une étape cruciale vers la première clôture du Fonds de développement de projets de l’AGIA. L’accord réunit la Banque africaine de développement, Africa50, la Banque ouest-africaine de développement et la KfW, dans un effort commun pour accélérer le développement des infrastructures vertes sur le continent.
Abdellah Benahmed / Les Inspirations ÉCO