
Les dernières images télés du président algérien Abdelaziz Bouteflika, âgé de 79 ans, où on le voit très affaibli, ont relancé les spéculations sur sa succession.
« La visite de Valls a mis fin à un mensonge » et « les Algériens découvrent un président qui n’est pas en mesure de conduire le pays jusqu’à la fin de son mandat en 2019 », a indiqué le quotidien francophone El Watan.Le quatrième mandat, remporté le 17 avril 2014 après un amendement de la Constitution ayant fait sauter le verrou de la limitation des mandats, est « de trop », renchérit Liberté.Le quotidien francophone juge « sage » de mettre en oeuvre la procédure d’empêchement réclamée aussi par l’opposition contre le président, qui vit dans sa résidence de Zéralda, à l’ouest d’Alger, transformée en bureau.
Bouteflika, qui ne se déplace plus, y reçoit notamment les dirigeants étrangers en visite à Alger. Comme ce fut le cas pour le premier ministre français qui a tweeté la photo du rendez-vous.
Ce tweet a été qualifié d' »acte désobligeant » par le chef de cabinet de M. Bouteflika, Ahmed Ouyahia, cité dimanche par la presse.
D’après un diplomate interrogé par l’AFP, « il n’y a rien de surprenant » aux dernières images du président. « Tout le monde sait qu’il a des difficultés d’élocution et de mobilité » depuis un AVC qui l’avait conduit en 2013 à un séjour suivi d’une convalescence de près de trois mois à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris.
Bouteflika a gardé « intactes ses capacités d’analyse », insiste le diplomate qui ne croit pas au scénario d’une succession dans le désordre, ni à celui d’une prise de pouvoir par Said Bouteflika, le frère et conseiller spécial du chef de l’Etat que certains appellent le « vice-président ».
« Derrière Bouteflika, il y a la machine des institutions qui fonctionne. Le système trouvera son candidat et le fera élire après une élection plus ou moins pluraliste », ajoute-t-il alors qu’aucun nom ne semble s’imposer, qu’il soit issu de l’intérieur du système ou de l’opposition.